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Les fées dans l'art et la littérature

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Bonjour à tous,

aujourd'hui parlons de croyance, de spiritualité mais aussi d'histoire Very Happy

La fée, être légendaire issu des croyances populaires, est abondamment représentée dans l'art et la littérature. Les premières remontent à l'Occident médiéval, époque qui voit la naissance littéraire des fées Morgane, Viviane, ou encore Mélusine, toutes issues de traditions orales plus anciennes, grâce à des auteurs comme Marie de France et Chrétien de Troyes.

Leur succès est éclipsé par les thèmes de la mythologie greco-romaine à l'arrivée de la Renaissance, mais les fées connaissent à nouveau une vague de popularité grâce au Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare à la fin du xvie siècle, puis dans les contes de fées des xviie et xviiie siècles. Au xixe, le romantisme littéraire, et la renaissance celtique (Celtic Revival) profitent à nouveau aux fées.
La collecte des traditions folkloriques, l'intérêt pour les mythes, contes et légendes gagnent toute l'Europe, de même que les créations originales incluant des personnages féeriques.

L'époque victorienne voit la naissance de la peinture féerique. Le xxe siècle et ses productions « d'une extraordinaire richesse » incluent notamment la fée Clochette, devenue une icône de la culture populaire, mais aussi de nombreux films des studios Disney. Les romans de Tolkien éveillent chez la génération étudiante de l'époque un intérêt tout particulier le petit peuple et à sa suite, les premiers ouvrages étudiant et illustrant ces créatures connaissent le succès éditorial en Angleterre avec Katharine Briggs, Brian Froud et Alan Lee.
En France, c'est Pierre Dubois qui le premier remet les fées à l'honneur, suivi de nombreux auteurs parmi lesquels Édouard Brasey et Marie-Charlotte Delmas. Quelques auteurs des littératures de l'imaginaire et bon nombre d'illustrateurs de fantasy incluent désormais les fées à leur répertoire.

La fée telle qu'on la connaît est une création de l'Occident médiéval. D'abord présente dans la littérature, sa figure a ensuite inspiré le théâtre, la peinture, la musique, et par extension toutes les formes d'art. Pour Claudine Glot, la fée « est née au Moyen Âge » car les premiers textes écrits à leur propos sont des manuscrits médiévaux occidentaux du xiie siècle, notamment ceux de Marie de France qui peut se revendiquer première femme auteur de féerie, et esquisse le portrait des belles dames venues d'autres mondes. Elle est suivie par Chrétien de Troyes qui, de 1170 à 1190, rédige des œuvres courtoises à l'ambiance féerique. Il annonce le succès de la matière de Bretagne et de la légende arthurienne comme sources d'inspiration pour les écrivains. La mythologie celtique, ses divinités païennes et ses valeurs chevaleresques forment le fond de ces premiers textes malgré le contrôle exercé par l'Église : les écrivains recueillent probablement des récits grâce à la tradition orale, longtemps véhiculée par les bardes, la littérature de fiction permettant de raconter ces légendes à leur façon.

Le succès littéraire des textes féeriques est probablement lié à l'étrangeté de la matière de Bretagne, telle qu'elle apparaît aux érudits franco-anglais vers 1200. Selon Claudine Glot, il s'agit d'une réponse aux « nombreux interdits moraux et sexuels imposés par l'Église », et « les fées survivent en dépit d'un léger vernis chrétien apposé sur une base païenne ». Elles sont présentées dans les romances médiévales comme l'un des êtres que le chevalier errant est susceptible de rencontrer. Le monde féerique médiéval est une sorte de monde parallèle riche dont les mortels atteignent et franchissent les frontières parfois sans s'en rendre compte. Une fée joue un rôle important dans le lai de Lanval et exige, comme toutes les fées amantes, le respect d'un interdit qui sera brisé. La geste Huon de Bordeaux esquisse le portrait d'Aubéron, « roi de Féerie ». Les fées se font moins fréquentes dans la littérature après le xiiie siècle, où elles sont à la fois diabolisées et rationalisées : la fée Oriande, de la légende des Quatre fils Aymon, ne possède que très peu de caractères féeriques « résiduels ». Des exceptions existent, comme le conte Perceforest qui met en scène de très nombreuses fées en 1340. Elles disparaissent avec la Renaissance et leur réapparition dans les contes de fées des xviie et xviiie siècles se fait sous une forme différente.


Matière de Bretagne et légende arthurienne

Les romans bretons, surtout au xiiie siècle, mettent en scène la légende arthurienne et deux grands personnages féeriques en la présence de Morgane et Viviane. D'autres personnages ont une nature féerique suggérée par la présence d'indices, telle la reine Guenièvre, qui demeure la plus belle dame du royaume durant des décennies. Bien qu'il diminue avec le temps, le caractère féerique des personnages de la légende arthurienne n'est pas complètement occulté de la tradition. Le conte tardif Sir Gauvain et le chevalier vert présente très clairement le chevalier vert comme un être issu de l'autre monde.
Le poète du xve siècle John Lydgate écrit que le roi Arthur fut couronné au pays des fées et emporté par quatre reines-fées sur l'île d'Avalon après sa mort, où il reposerait désormais sous une colline féerique jusqu'à ce que la Bretagne ait à nouveau besoin de lui.


Morgane

La fée Morgane, originellement une fée des eaux, est un « archétype des dames du lac » dont le lien avec le royaume féerique est clair de par son nom. Elle apparaît d'abord sous un jour positif, comme une magicienne savante et une guérisseuse occupant une position importante à Avalon, par exemple dans le premier texte à son propos, la Vita Merlini de Geoffroy de Monmouth écrit en 1150. À partir du xiiie siècle, elle est qualifiée d'« antithèse de Mélusine », puis elle séduit et enlève les héros de la légende arthurienne dans l'Autre Monde. Dans Sire Gauvain et le chevalier vert et Le Morte d'Arthur au xve siècle, elle est présentée comme une femme dont les nombreux pouvoirs magiques ne sont pas le résultat d'une nature féerique, mais plutôt le fruit de longues études en compagnie de l'enchanteur Merlin, mais aussi comme haineuse envers le roi Arthur et la reine Guenièvre, hostile et séductrice vis-à-vis de Lancelot, et recherchant la mort de Gauvain par des actes fourbes et traîtres.


Viviane

La fée Viviane, dont la figure semble issue des déesses aquatiques et de Diane, est un exemple de mélanges entre les traditions païennes et chrétiennes puisqu'elle élève Lancelot dans l'art de la chevalerie tel qu'enseigné par l'Église, mais ignore le pardon et se livre à la vengeance. Apparue tardivement au xiiie siècle, c'est avant-tout une figure maternelle, qui vit au fond d'un lac magique en compagnie d'autres dames féeriques9, et dont le côté inquiétant (lors de l'enlèvement de Lancelot par exemple) est autant atténué que possible afin d'en faire « la parèdre positive de Merlin ».


Mélusine

La Fée Mélusine découverte par Raymond de Lusignan, gravure sur bois vers 1500.
La fée Mélusine est l'exemple même de la fée amante, à tel point que Georges Dumézil nomme « mélusiniens » les récits d'amour entre un homme mortel et une femme surnaturelle. Sa tradition est fortement ancrée à l'époque médiévale qui en fait à la fois un personnage de contes populaires et la patronne de la maison de Lusignan. On en trouve trace dès le xiie siècle, puis en 1392 dans le Livre de Mélusine de Jean d'Arras et en 1401 dans celui de Coudrette.
Ils racontent comment la fée Mélusine, maudite par sa mère, est condamnée à se changer en serpente de la taille aux pieds chaque samedi et ne pourra être libérée que si un homme l'épouse et ne la voit jamais ce jour-là. Raymond de Lusignan tombe amoureux d'elle, l'épouse en acceptant l'interdit, et voit bientôt sa puissance et sa prospérité se décupler. Poussé par son frère à braver l'interdit, il fâche Mélusine qui retourne dans l'Autre Monde et dont la vengeance s'abat sur le château de Lusignan.


Au xvid siècle

Avec l'arrivée de la Renaissance, les fées médiévales disparaissent des récits tandis que dieux et déesses de l'Antiquité gréco-romaine redeviennent une source d'inspiration artistique. En 1590, Edmund Spenser écrit le poème épique La Reine des fées, proche de la tradition arthurienne et qui promulgue la vertu mais dans bon nombre de fictions de cette époque, les attributs des fées sont mélangés librement à ceux des nymphes et des satyres de la tradition classique. Bien qu'elles soient présentes dans la littérature anglaise depuis le xive siècle, les fées font leur réapparition la plus notable dans Le Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare à la fin du xvid siècle, qui se déroule simultanément dans les bois et le royaume de Féerie, situé sous la lumière de la Lune et dans lequel une dispute entre des fées cause des désordres et des troubles.
L'immense succès de cette pièce théâtrale est à l'origine de la « miniaturisation » des fées anglo-saxonnes, une idée qui devient répandue au xvie siècle et que John Lyly suggère aussi dans Endimion en 1591.

À la suite de Shakespeare, bon nombre de fées du folklore et de la littérature prennent les traits de Titania, d'Obéron et de Puck. De même, le rôle de ces êtres est considérablement modifié, ils sont perçus comme beaucoup moins impitoyables et effrayants que ceux du folklore. Cette représentation des fées anglo-saxonnes perdure au xviie siècle, Michael Drayton continuant à les miniaturiser dans Nimphidia en 1627, et elle trouve son apogée au xixe siècle à travers la fairy painting.


Du xviie au xviiie siècle

Une fée se tient debout au milieu du tableau. Agenouillé à la droite se tient un homme qui semble se reposer en sa présence. En arrière-plan à la gauche, un être se tient debout.
Le Prince Arthur et la reine des fées par Johann Heinrich Füssli, 1788.
Les xviie et xviiie siècles voient l'émergence du conte de fées comme genre littéraire à part entière et de 1760 à 1763, les poèmes celtiques attribués au barde Ossian et traduits par le poète James Macpherson « font sensation dans l'Europe entière ». Johann Heinrich Füssli, plus connu pour ses œuvres à l'atmosphère oppressante, a également peint des fées. La première de l'opéra La fée Urgèle est jouée à Fontainebleau le 26 octobre 1765.

Le dessin montre une fée qui courbe la tête face à sa reine. La reine, à la gauche, s'appuie sur un champignon, alors que l'autre fée est située au milieu.
La fée doit se livrer à la reine et perdre son pouvoir pendant huit jours, illustration de Virginia Frances Sterret pour les Old French Fairy Tales, 1920.
Le conte merveilleux, ou « conte de fées », est un genre littéraire né au xvie siècle et qui prend son essor au xviie siècle dans les salons mondains. On y trouve des éléments surnaturels ou féeriques, des opérations magiques, et des événements miraculeux. Il popularise des personnages devenus récurrents comme la fée Carabosse (mauvaise fée ou sorcière) et les fées marraines telles que celle de Cendrillon, la fée des Lilas, et les marraines de la Belle au bois dormant .

Pierre Dubois pense que les conteurs français du xviie siècle, notamment les précieuses, ont considérablement modifié la perception de la fée en faisant des « belles de mai » mentionnées dans les anciennes croyances des femmes raffinées, délicates et élégantes fréquentant la cour dans leurs contes, détruisant ainsi un symbolisme originel lié au renouveau de la nature.


Au xixe siècle

Au xixe, le folklore du petit peuple s'accorde avec les élans vers la nature du romantisme littéraire, et les fées connaissent une nouvelle vague de popularité, en partie grâce à la renaissance celtique (Celtic Revival). La collecte des traditions folkloriques, l'intérêt pour les mythes, contes et légendes gagnent toute l'Europe, de même que les créations originales incluant des personnages féeriques. Certains noms deviennent célèbres par le biais de la littérature, comme la fée bleue (ou « Turquoise ») dans Pinocchio. Les théâtres, ballets et opéras mettent les fées, dryades, ondines et autres êtres fabuleux en scène, comme dans La Sylphide, les adaptations du Songe d'une nuit d'été et de La Tempête et de nombreux autres qui multiplient les prouesses techniques, notamment par le biais de spectaculaires « scènes de transformation ».
Les fées inspirent la « musique féerique », comme Le Lac des fées d'Auber et Les Fées du Rhin d'Offenbach, puis une véritable pléiade d'œuvres dans les vingt dernières années du xixe siècle, aussi bien en Europe de l'Ouest, du Nord, qu'en Europe centrale et en Russie. Washington Irving, qui connaît Walter Scott, est le premier auteur américain de contes de fées.


En Allemagne

Michel Le Bris voit dans les auteurs du romantisme allemand les véritables inventeurs de la fée moderne, « parce que pour la première fois ils les pensèrent comme « portes », voies d'accès à une connaissance « autre », révélatrices des puissances insoupçonnées de l'esprit humain », contrairement aux contes de fées qui illustrent surtout la querelle des anciens et des modernes. Herder publie d'abord ses Chants populaires en 1778 en s'inspirant des légendes, des contes populaires et de la mythologie, et initie un mouvement touchant également des musiciens comme Beethoven, qui arrangent les chants traditionnels gallois, écossais, et irlandais.
C'est l'influence de Goethe qui se révèle déterminante, celui-ci ayant transcrit des ballades alsaciennes et inclut des contes de fées dans la plupart de ses textes. Les auteurs du mouvement reprennent le conte de fées et en modifient le sens, s'opposant notamment au rationalisme, tel Tieck qui réécrit et adapte les Quatre fils Aymon, les Elfes et bon nombre d'autres histoires mettant en scène des fées.

De la fin du xviiie siècle au début du xixe siècle, le mouvement se diffuse à l'Europe entière et permet la redécouverte du patrimoine légendaire et historique allemand, qui est plus tard utilisé à des fins nationalistes. Parmi les peintres, Moritz von Schwind se distingue pour avoir fait naître des fées sous ses pinceaux. Jacob et Wilhelm Grimm sont à l'origine des linguistes et philologues allemands soucieux de préserver la langue et la culture de leur pays, et qui en viennent à compiler les contes populaires pour l'enfance, dont bon nombre en rapport avec les fées. Ces derniers connaissent un succès phénoménal dans le monde entier, malgré le fait que les deux frères soient ouvertement nationalistes.
Toutefois, à l'inverse des contes des auteurs précieuses du XVIIe, qui incluent beaucoup de fées, les frères Grimm n'en comptent que dans leur premier ouvrage : ils concluent qu'elles n'appartiennent pas à la tradition allemande et même en altèrent la langue. Ces derniers traduisent donc le mot « Fée » par « enchanteresse » ou un terme équivalent. J. R. R. Tolkien décrit plus tard « le royaume de Faerie » comme étant le lieu où se déroulent ces contes. L'Allemagne est également connue pour être le « pays de la musique du monde des fées », notamment à travers l'Oberon de Weber et Les Fées (Die Feen) de Richard Wagner.


La féerie britannique s'impose au xixe et revient dans tous les domaines, aussi bien artistiques, scientifiques, économiques que politique, la reine Victoria étant même surnommée « la Reine des fées ». La vogue du spiritisme et l'érotisme de la fée dans une Angleterre alors en pleine révolution industrielle peuvent expliquer cet engouement.

Walter Scott, figure majeure du romantisme anglais, est également un auteur prolixe sur la féerie, l'Écosse ayant été de tous temps réputée pour son abondant folklore, ses rondes de fées, ses fantômes, ses banshees et ses lutins. À travers ses œuvres comme les Chants populaires de la frontière écossaise, le Chant du dernier ménestrel, la Dame du lac, et ses romans, il évoque plus d'une fois le petit peuple44, tout comme James Hogg. C'est aussi dans les îles Britanniques et grâce au mouvement romantique que la littérature d'enfance et de jeunesse, déjà pensée au xviiie siècle, se développe durant l'époque victorienne, les écrits de Lewis Carroll étant suivis d'une foule de publications qui trouvent leur apogée à l'arrivée du xxe siècle.

Les peintres préraphaélites illustrent parfois des fées en s'inspirant de la légende arthurienne, et peuvent être auteurs de contes ou d'histoires féeriques. En 1819 paraît La Belle Dame sans merci de John Keats, décrivant la rencontre d'un chevalier errant avec la fille d'une fée, qui sert de source d'inspiration à bon nombre de préraphaélites. En 1857, The Lady of Shalott possède également des accents féeriques suggérés par le fait que la dame ne puisse voir le monde réel qu'à travers un miroir. À la fin du xixe siècle, John Duncan peint plusieurs fées dans ses œuvres ayant pour thème la mythologie celtique.


Par la suite, les publications ayant trait au folklore et à la mythologie féeriques se multiplient, entre autres avec la traduction des Mabinogion en anglais, puis la sortie des Traditionnal Tales of the English and Scottish Peasantry en 1822, et des Fairy Legends and Traditions of the South or Ireland. Les premières études consacrées aux fées voient le jour au même moment, Thomas Keightley publiant The Fairy Mythology en 1828 afin de définir le folklore anglais, puis Tales and Popular Fiction en 1834 afin d'analyser les différents folklores du monde. James Halliwell-Phillipps publie deux ouvrages ayant trait aux « contes de nourrice » en 1842 et 1849, mais c'est l'anthologie Fairy tales of all nations, illustrée par Richard Doyle, qui connaît le plus grand succès populaire en 1849.

Le succès des contes pousse plusieurs écrivains à inventer les leurs, les plus remarquables étant Phantastes de George MacDonald en 1858, et le recueil Dealing with the Faeries paru en 186749. De la fin du xixd siècle au début du xxe siècle, le nationaliste irlandais William Butler Yeats célèbre le folklore féerique de son pays dans une série d'œuvres comme Fairy and Folk Tales of the Irish Peasantry et Irish fairy tales, indissociables d'une forme de quête spirituelle et qualifiées de « vision la plus riche et la plus novatrice de l'histoire du folklore ».
Les publications de contes féeriques trouvent leur apogée avec l'anthologie en douze volumes d'Andrew Lang, entamée par The Blue Fairy Book en 1889 et terminée par The Lilac Fairy Book en 1910, ouvrage qui se retrouve dans la plupart des foyers anglo-saxons.

L'époque victorienne voit la naissance de la peinture féerique. Le peintre victorien Richard Dadd créé ainsi des peintures inspirées du folklore féerique, remarquables pour leur ton sinistre et malin. D'autres artistes de la même époque représentent des fées : John Atkinson Grimshaw, Joseph Noel Paton, John Anster Fitzgerald, Daniel Maclise, Robert Huskisson et John Simmons. La peinture féerique connaît son âge d'or entre 1840 et 1870, et le mouvement se rapproche de celui des préraphaélites bien qu'il soit moins connu.
Il s'agit d'une forme de rejet des interdits moraux étouffants imposés à l'époque en matière de sexualité et de religion, mais aussi d'une réaction face à la science et au progrès. Les œuvres de Shakespeare en sont la principale source d'inspiration. La majorité des artistes du mouvement sont irlandais ou natifs d'Irlande. Richard Doyle est l'un de ceux qui produisent le plus d'œuvres mettant en scène un petit peuple « à la jubilation excentrique et au sens très enlevé de l'espièglerie ».

Le folklore populaire des pays scandinaves est lui aussi redécouvert, avec ses nains, géants et elfes, notamment dans les sagas islandaises. En Finlande, l'épopée du Kalevala amorce les mouvements nationalistes. Per Daniel Amadeus Atterbom adapte L'Oiseau bleu en 1814 et publie L'île du bonheur, récit d'un voyage en contrées féeriques. Le plus célèbre auteur lié à la féerie est danois, Hans Christian Andersen écrit 156 contes qui connaissent un succès international, bien que 12 d'entre eux seulement relèvent purement du folklore.
Tous mettent en scène un très riche bestiaire féerique. Le vilain petit canard, La Petite Sirène ou encore La Reine des neiges font le tour du monde. Enfin, Peer Gynt, drame poétique devenu pièce de théâtre de l'auteur norvégien Henrik Ibsen et joué pour la première fois au théâtre national de Christiania le 24 février 1876 met en scène des créatures du petit peuple.


En France, le rationalisme et l'héritage du siècle des Lumières font que les contes et traditions liés à la féerie sont peu mis en avant au début du xixe siècle, le romantique Charles Nodier étant l'un des premiers à publier ce type d'histoire avec Trilby ou le Lutin d'Argail et La Fée aux miettes en 1832. Les publications consacrées aux contes et légendes se multiplient ensuite mais peinent à trouver leur public, aucune ne connaît une diffusion et un succès comparables aux écrits allemands, britanniques et scandinaves.
Si les écrits féeriques peinent à percer, ce n'est pas le cas dans l'illustration puisque Gustave Doré (1832-1883) devient l'auteur de 9 850 illustrations dont la plupart sont consacrées à des contes, et suivent la vague du romantisme en laissant une large part au rêve et à la spiritualité. De même, le peintre Yan' Dargent (1824-1899) obtient une vaste reconnaissance pour son œuvre à l'atmosphère fantastique, qui met en scène la forêt et les fées bretonnes.

sunny

PETER

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